#10 LE REGARD | Qui décide vraiment de ce qu’est une bonne mère ?
Sommaire :
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La “bonne mère”
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Mothers without borders bande-annonce
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Gagner une place pour l’avant première
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La “bonne mère”
Au cinéma, la maternité est partout. Pourtant, elle est rarement montrée dans toute sa complexité. La plupart des films s’arrêtent à la grossesse ou à l’accouchement. La naissance devient un moment spectaculaire puis le récit passe à autre chose. Ce qui vient après, le bouleversement physique, la fatigue, la transformation identitaire, la solitude parfois, reste largement hors champ.
Le cinéma reproduit souvent des figures reconnaissables qui permettent au spectateur de juger immédiatement le personnage. La mère dévouée, la mère envahissante, la mère défaillante. Autrement dit : la bonne mère ou la mauvaise. Ces catégories structurent encore une grande partie des récits.
Dans Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, la figure maternelle s’inscrit dans une tradition bien connue du cinéma : celle de la mère entièrement dévouée à la réussite de son enfant.
Esther Perez est convaincue que son fils est destiné à une vie extraordinaire et consacre toute son énergie à l’aider à surmonter les obstacles, notamment son handicap. Cette détermination est bouleversante, mais elle révèle aussi un imaginaire très puissant : celui d’une mère dont l’amour doit être total. L’enfant devient le centre absolu de son existence. Cette figure de la mère combattante est profondément valorisée dans la culture populaire, mais elle véhicule aussi une idée implicite : une mère “réussie” est une mère qui se consacre entièrement à son enfant, quitte à s’oublier elle-même.
À l’opposé de cette figure apparaît une autre catégorie récurrente : la mauvaise mère. Dans Mommy (2014), Xavier Dolan met en scène une mère célibataire qui élève seule un adolescent violent et instable.
Diane est bruyante, impulsive, parfois manipulatrice, souvent dépassée par les événements. Elle aime profondément son fils, mais elle ne correspond jamais à l’image de la mère stable et rassurante que les récits traditionnels valorisent. Le film est d’autant plus puissant qu’il refuse de moraliser son personnage : il montre une femme confrontée à la précarité économique, à la solitude et à la responsabilité écrasante d’élever un enfant difficile sans véritable soutien social. Pourtant, pour une partie du public, Diane reste une figure dérangeante. Elle parle trop fort, elle perd patience, elle commet des erreurs. Le film révèle ainsi combien nos attentes envers les mères sont étroites : dès qu’une femme sort du modèle de la maternité idéale, elle devient suspecte.
Plus récemment, certains films ont commencé à proposer des représentations différentes. Dans Love Me Tender, Vicky Krieps incarne une mère queer qui tente de continuer à exister comme femme tout en étant mère.
Le film explore une tension rarement montrée au cinéma : celle entre la maternité et le droit à une vie personnelle. Lorsque la protagoniste affirme ses désirs et refuse de se réduire à son rôle maternel, elle se retrouve confrontée à la violence d’un système judiciaire et social qui remet en question sa légitimité de mère. Le film met ainsi en lumière une norme très puissante : la maternité reste associée à une idée de sacrifice et d’effacement. Une mère qui revendique sa liberté apparaît immédiatement comme suspecte.
Ces trois films montrent à quel point la figure maternelle est un terrain de jugement moral. Le cinéma met en scène ce que la société attend d’elles.
Qui décide vraiment de ce qu’est une bonne mère ?
Mothers without borders : la bande-annonce
La maternité est profondément façonnée par les structures sociales et politiques : le droit à l’avortement, l’accès à la PMA, les congés parentaux, la reconnaissance des familles queer, les politiques sociales qui soutiennent ou non les parents.
Autrement dit, la maternité dépend aussi du monde dans lequel on vit.
C’est cette question que nous avons voulu explorer dans notre documentaire Mothers Without Borders. En filmant la maternité dans différents pays européens, nous avons rencontré des femmes confrontées à des réalités radicalement différentes selon les lois et les contextes politiques.
Si l’expérience d’être mère change selon les pays, les droits et les représentations culturelles, alors, dans des sociétés qui tendent de plus en plus vers le conservatisme, une question émerge :
A quel point les gouvernements peuvent impacter le statut et le bien-être des mères ?
Gagner une place pour l’avant-première
Nous serions très heureuses de vous retrouver à l’occasion de l’avant-première du film, qui aura lieu le 24 mars prochain à 20h, au cinéma Majestic Bastille.
Les places seront attribuées sur RSVP, et nous reviendrons rapidement vers vous avec toutes les informations. D’ici là, si vous avez envie d’être de la partie, vous pouvez nous laisser votre adresse mail pour tenter de gagner des invitations. Ce sera un moment précieux pour se rencontrer, échanger ensemble, et prolonger les réflexions que nous portons à l’écran.
