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Sommaire :
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Un an après Réinventer l’enfance, on en est où ?
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À l’avant-post : c’est maintenant ou jamais !
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Pour que la honte change de camp
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Et sinon, tu peux toujours t’abonner
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Un an après Réinventer l’enfance, on en est où ?
À l’occasion de la Mobilisation contre les violences faites aux enfants/ados qui aura lieu le 15 novembre, partout en France, je te partage un état des lieux et des pistes d’action du Collectif Enfantiste :
À force de luttes, de prises de parole médiatiques, de manifestations, de pétitions, de rapports officiels, la prise de conscience semble plus forte. Alors pourquoi, en janvier 2025, dans une enquête menée par 3 ministères, 74 % des personnes interrogées déclaraient avoir du mal à identifier une situation de violence faite à un enfant ? Seulement 42 % disaient se sentir bien informées, et 35 % affirmaient avoir déjà été témoins ou avoir soupçonné une de ces violences.*
Peut-être que cette proportion est liée à un déni collectif : celui d’admettre que notre société est, de fait, violente.
21 % des Français considèrent encore qu’une gifle ou une fessée ne sont pas de “vraies” violences. Alors où place-t-on le curseur ? Cette résignation, c’est la conséquence de l’adultisme. C’est accepter que l’adulte ait une autorité légitime, hiérarchique et dominante sur l’enfant.
Ces violences, physiques, psychologiques ou dites “éducatives”, laissent des traces profondes. Elles altèrent la santé mentale et physique, perturbent la scolarité, les relations affectives, et compromettent parfois toute une vie. Les victimes développent des troubles psychiques (dépression, anxiété, conduites suicidaires), mais aussi des troubles physiques : douleurs chroniques, troubles du sommeil, maladies chroniques, atteintes cardiovasculaires, parfois même des séquelles irréversibles.
Et quand on parle de violences sexuelles dans l’enfance, on ne parle pas d’exception : un enfant sur dix est concerné (Ciivise 2024). Parmi eux, 30 % feront au moins une tentative de suicide.
Se mobiliser contre les violences faites aux enfants commence par accepter qu’on fait toustes partie du problème. C’est ensuite un engagement citoyen : reconnaître les signes, dénoncer ces violences, comprendre leurs conséquences, et partager ces apprentissages autour de nous. C’est aussi un engagement politique : mettre de vrais moyens financiers pour former les professionnel·les de santé, de la petite enfance et de l’éducation, et renforcer toutes les institutions censées protéger les enfants victimes.
* Source : Ministère des Solidarités, campagne nationale contre les violences faites aux enfants (janvier 2025) ; Ciivise 2024 ; UNICEF 2024.
Parce que les expert.es et les personnes concernées en parleront mieux que moi, regardez notre documentaire Réinventer l’enfance, réalisé par Ève Simonet. Il est gratuit (sous inscription ou sur Youtube) et d’utilité publique :
4 moyens de se mobiliser :
1 – En réalisant des dons ponctuels ou réguliers, vous permettez aux militant.es de réaliser des actions de sensibilisation pour lutter contre les violences faites aux enfants. Ces dons servent aussi à :
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soutenir les jeunes dans leurs engagements
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produire du matériel pédagogique
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faire entendre des revendications auprès des décideurs
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réaliser tous les évènements (manifestations, festivals, actions militantes)
2 – En signant la pétition d’appel à mobilisation, et en la partageant. Entourez-vous, donnez-vous rendez-vous le 15 novembre à 14h dans un des points de rassemblement, ou accrochez un message à votre fenêtre. En suivant plusieurs associations et collectifs engagés pour les droits des enfants, vous trouverez des pétitions à signer également.
3 – Le 15 novembre, le Collectif Enfantiste aura besoin d’aide ! Si vous souhaitez participer et aider, vous pouvez vous inscrire au staff.
4 – En regardant et en partageant notre documentaire Réinventer l’enfance, réalisé par Ève Simonet, produit par on.suzane.
À l’avant-post : c’est maintenant ou jamais !
C’est officiel, notre nouvelle série-documentaire À l’avant-post, réalisée par Judicaëlle Perrot, sortira le 19 novembre sur notre site ! Découvre en exclusivité la bande-annonce :
Tu peux déjà pré-acheter la série, et elle est à prix réduit jusqu’à la sortie :
Pour que la honte change de camp, d’Anna Margueritat
C’est la reco de la semaine, il vient de sortir, et selon moi, tout le monde devrait lire cette pépite, écrite par la photographe et journaliste, Anna Margueritat.
Anna Margueritat est photographe et rédactrice indépendante. Elle couvre notamment des procès ou des manifestations. Son travail documente ce que peu de personnes voient, ce que beaucoup préfèrent ignorer. Parce qu’un procès ne se résume jamais à son verdict. Elle vient de sortir Pour que la honte change de camp, aux éditions La Meute. Et 1 € par vente de livre est reversé à l’association de Caroline Darian #MendorsPas. Une lecture peut suffir à changer notre regard sur la justice, et la société.
Dès les premières pages, j’ai les larmes aux yeux. « Je n’ai jamais lu la honte dans les yeux d’un violeur ». Ici, on ne lit pas la mécanique d’un agresseur ou la personnalité d’un Dominique Pelicot, non. Dans cet ouvrage, au contraire, on s’invite entre les lignes : ce que le procès Mazan et ce qui s’y est passé « ouvre, remue, déplace ».
Dans notre documentaire À l’avant-post, qui sortira le 19 novembre, elle dit : « Pourquoi les hommes violent, je pense avoir compris maintenant. La question, c’est comment faire pour qu’ils arrêtent. » Cette réflexion plane tout au long de ma lecture, comme un fil rouge.
Anna Margueritat tisse les chapitres de son ouvrage comme un arbre aux mille branches. On y trouve la misogynie qui puise dans les racines d’une société patriarcale, des hommes « enfants » protégés et déresponsabilisés – comme si l’intentionnalité changeait les conséquences d’une violence subie –, d’une justice contaminée qui accuse plus qu’elle ne répare, des victimes plus accusées que défendues, de l’iconisation d’une « bonne victime ». J’y ai découvert la violence de certains confrères journalistes, d’avocat·es de la défense, de l’insécurité d’une salle d’audience. Et c’est sans mentionner la récupération politique hors des murs du palais de justice.
J’ai noté cette phrase : « Entre femmes journalistes, on relie ce procès à d’autres silences, à d’autres procès, à d’autres violences. À commencer par celles qu’on a personnellement vécues. » Et plus loin : « Ce silence est terrible, parce qu’il donne l’impression que ce qui est jugé, ce n’est pas un crime collectif, mais un empilement d’exceptions. »
Ces mots mettent le doigt sur le cœur du livre : le refus collectif de regarder la réalité en face. Un accusé pourrait être n’importe qui d’autre.
Une chose m’a profondément touchée, c’est la pudeur du regard d’Anna Margueritat envers Gisèle Pelicot. Elle s’interroge sur sa place de photographe, sur la frontière entre observation et intrusion. « Je crois que je respecte ça : ce qu’on ne sait pas, ce qu’on ne voit pas, ce qu’on ne capte pas. » Pas de voyeurisme, mais une écoute du silence, une attention à l’invisible.
Chaque chapitre s’accompagne d’un QR code (si vous devenez familièr.e avec les éditions La Meute, vous y découvrirez pas mal de belles surprises comme celles-ci), une invitation à explorer son travail. C’est cette articulation entre l’image et le texte, entre le visible et le presque dicible, qui me bouleverse.
Et puis, au fil des pages, quelque chose se passe. Le texte réveille une étincelle en moi, comme un vieux chauffe-eau à gaz qu’on rallume en tournant le robinet. Une petite flamme, discrète, parfois lasse des luttes, presqu’à bout de souffle, qui d’un coup s’embrase — pour tout brûler autant que pour réchauffer les cœurs (ouais, je n’ai pas peur du mielleux déso).
Ca me fait sourire, aussi, parce qu’il me rappelle que nous ne sommes pas seul.es. Nous sommes nombreux.ses. Et nos militant.es, nos activistes, nos journalistes féministes sont une fierté. Iels nous obligent à questionner, à comprendre. Iels nous encouragent à nous engager chaque jour un peu plus. Et surtout, à ne rien lâcher.
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La prochaine newsletter sera plus joyeuse, car comme l’explique Blanche Sabbah dans son interview Blast avec Salomé Saqué, les luttes passent aussi par la joie ❤️
Lélé, d’on.suzane (et ci-dessous, une fête de pigeons dans le métro)
